Le secteur culturel n’a pas attendu la forte dynamique des tiers-lieux pour travailler de manière ancrée dans les territoires, pour engager un dialogue avec les habitants ou pour interroger les enjeux de société et expérimenter dans des espaces réhabilités. Les friches culturelles, encore appelées “lieux intermédiaires et indépendants” ou désignées sous le nom des “nouveaux territoires de l’art” par les institutions culturelles, ont engagé ce mouvement depuis les années 1980. Cependant les tiers-lieux culturels ne sont pas seulement issus de cet héritage. D’autres expériences apparaissent. Les droits culturels et les réponses aux urgences culturelles liées aux transitions écologiques, démocratiques et sociétales sont développés autrement dans ces lieux. Ils travaillent la notion de culture dans toute son acception, bien au-delà de la seule entrée artistique. Le contexte des politiques publiques des dernières années a eu une influence sur les positions de l’écosystème : baisse générale des financements au secteur culturel versus un soutien fort aux tiers-lieux. Chacun cherche à se positionner dans ce paysage et de nombreuses questions sont posées : les tiers-lieux apportent-ils des réponses aux espaces traditionnels de diffusion artistique en quête de sens, sont-ils porteurs d’expérimentations essentielles dans un contexte de crise ou servent-ils une politique publique qui se désengage de l’intérêt général ? Des travailleurs et travailleuses de réseaux professionnels, des porteurs et porteuses de projets et des universitaires analysent avec nous où en est la notion de culture dans les tiers-lieux.
8981 shaares